Functiglass : un programme de recherche et de formation interdisciplinaire unique
Le verre, ce compagnon fidèle et discret qui accompagne l’humanité depuis des millénaires, couvre nos écrans, nous protège du froid et de la chaleur dans nos fenêtres ou œuvre au rapprochement de chacun grâce aux fibres optiques. Serait-il possible d’en découvrir davantage sur un matériau si commun et banal ?
C’est le pari de Functiglass, porté par le CNRS et le laboratoire INPHYNI - Institut de Physique de Nice (CNRS/UniCA), grâce à une aide MSCA Maria Skłodowska-Curie de 3,5 millions d’euros, attribuée en 2024 dans le cadre du programme "Doctoral Networks". Ce projet se développe avec le soutien de l’Agence Européenne de la Recherche. L'Institut de Physique de Nice est désormais le pilote d’un groupe d’universités, de centres de recherche et d’entreprises qui œuvrent autour du verre.
Cette initiative, initiée en 2024, se prolongera jusqu'en 2030. Elle permettra à 11 jeunes chercheurs d’améliorer nos connaissances sur le verre, ses propriétés et ses fonctions. Le premier événement aura lieu à Milan (Italie) en mars 2026.
Les doctorants impliqués dans ce réseau européen exploreront des pistes innovantes pour repousser les limites de la photonique et des matériaux vitreux. Certains se consacreront, par exemple, au développement de fibres optiques dopées à l’erbium, capables d’émettre une lumière amplifiée à 1,5 µm ou 2,7 µm, essentielle pour les télécommunications et les capteurs médicaux. D’autres travailleront sur la fabrication de circuits photoniques intégrés par écriture laser directe dans des verres dopés au thulium, ou encore sur la détection de pathogènes dans l’industrie agroalimentaire grâce à des plateformes photoniques dédiées. Ces recherches auront également pour objectif de recycler les terres rares issues des fibres optiques usagées ou des déchets électroniques, une approche durable pour préserver ces ressources stratégiques.
Les applications, sous l’œil attentif des chercheurs les plus affirmés, coordonnés par Wilfried Blanc, directeur de recherche CNRS à l’Institut de Physique de Nice, seront tout aussi variées : des doctorants mettront au point des capteurs optiques pour détecter les pesticides organophosphorés, ou des verres scintillants pour la dosimétrie en temps réel, utiles en radiothérapie ou dans l’industrie nucléaire. D’autres s’intéresseront à l’impression 3D de biomatériaux photoniques, ouvrant la voie à des implants médicaux intelligents, ou exploiteront l’intelligence artificielle pour optimiser la conception de méta-fibres optiques et de nanostructures gravées par laser femtoseconde. Ces travaux, menés en collaboration entre la France, la Finlande, la Pologne, l’Italie, l’Allemagne, la Suède et le Kazakhstan, illustrent l’ambition internationale de ce réseau de recherche financé par l’Union Européenne et son programme Horizon Europe.
Pour plus d’information vous pouvez suivre ce projet via :
- Substack
- Bluesky
- le site web Functiglass.