Évaluer les effets du changement climatique et des pressions anthropiques grâce au suivi des communautés planctoniques
Dans une publication parue dans la revue Frontiers in Marine Science, des scientifiques du CNRS, notamment du Laboratoire d’Océanographie de Villefranche (LOV, CNRS/Sorbonne Université), se sont appuyés sur les données du service national d’observation MOOSE pour développer un suivi intégré des communautés planctoniques. Cette approche permet d’évaluer les effets à long terme de la variabilité climatique et des pressions anthropiques sur les écosystèmes marins de la Méditerranée nord-occidentale, un véritable hotspot du changement climatique.
Pour caractériser la biodiversité planctonique à l'échelle du bassin, les auteurs ont combiné des approches de génomique environnementale (métabarcoding d'ADN environnemental), d'imagerie automatisée à haute résolution et des données physiques et biogéochimiques décrivant les différentes masses d'eau lors de trois campagnes océanographiques en Méditerranée Nord-Occidentale réalisées entre 2017 et 2019.
Partant du constat que le plancton, composante essentielle des réseaux trophiques marins et des cycles biogéochimiques, est souvent étudié de manière fragmentée, l'objectif a été de développer une vision globale de sa biodiversité et des facteurs qui contrôlent sa distribution. Les résultats révèlent une forte diversité couvrant l'ensemble du continuum planctonique, des microorganismes au zooplancton. Les niveaux de diversité les plus élevés sont observés dans les fractions de petite taille, tandis que les fractions supérieures à 64 µm sont dominées par les métazoaires, notamment les Arthropodes. Les échantillons collectés par bouteilles Niskin présentent une forte abondance de protistes tels que les Syndiniales et les Rhizaires. Le métabarcoding met également en évidence de nombreux taxons rares ou cryptiques, dont certains parasites microscopiques difficilement détectables par les méthodes traditionnelles.