© Sophie Boulet

Sabine ScarzelloIngénieure d'études CNRS, assistante de prévention et responsable maintenance, travaux et logistique à l'Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement - IRCAN (CNRS/Inserm/UniCA)

Médaille de cristal du CNRS

Sabine Scarzello, assistant de prévention et responsable maintenance, travaux et logistique, pilote depuis plus de dix ans les infrastructures et la prévention des risques de l’Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement - IRCAN. Un rôle discret, mais décisif, aujourd’hui récompensé par la médaille de cristal du CNRS.

À première vue, rien ne prédestinait Sabine Scarzello à quitter la paillasse. Docteure en biochimie, elle débute par un post-doctorat, réussit le concours d’ingénieure d’études du CNRS et participe à de nombreuses publications dans des thématiques allant des neurotoxines aux pathologies génétiques. Mais au fil des opportunités, son rôle évolue. À la création de l’IRCAN, en 2012, elle se voit confier une mission structurante : bâtir de toutes pièces la politique de prévention des risques d’un institut naissant. « Comme souvent, il y avait un besoin, et j’y ai répondu ! », confie-t-elle.

Audit des locaux, mise aux normes de laboratoires confinés, sécurisation des installations : elle pose les fondations. Et très vite, son périmètre s’élargit – logistique, maintenance, travaux… Son quotidien ? Anticiper l’imprévisible. Elle joue un rôle primordial dans l’accompagnement de la croissance de l’institut, passé d’une trentaine à plus de deux cents personnels : arrivée de nouvelles équipes, aménagement amonts des espaces, déménagements … « Déménager un laboratoire, ce n’est pas comme déménager un appartement, sourit-elle. Les risques sont nombreux : congélateurs à -80 °C, azote liquide, agents biologiques et chimiques. J’ai toujours veillé à ce que tout risque soit maîtrisé ».

« Nous sommes fiers d’être un des instituts qui déclare le plus d’incidents : c’est le signe d’une vraie culture de prévention et de transparence. »

À l’IRCAN, elle pilote d’autres opérations immobilières majeures : création de plateformes scientifiques et d’une animalerie aquatique, rénovation d’espaces entiers. Des projets techniques indispensables pour permettre aux équipes de travailler dans de bonnes conditions.

Toujours très attachée à sa formation scientifique, elle conserve un lien étroit avec les équipes de recherche. Cette double culture lui permet de traduire les contraintes réglementaires en solutions concrètes pour la science. « Je ne veux pas que les personnels se mettent en danger, ni freiner la recherche. Mon mot d’ordre est de toujours trouver des solutions », résume-t-elle.

Au-delà de la sécurité, Sabine Scarzello s’investit aussi dans la transmission comme formatrice interne au CNRS sur les laboratoires de confinement. Elle forme également, chaque année, près d’une centaine de nouveaux arrivants dans son unité. Ces dernières années, elle s’est également reconnectée à son intérêt de longue date pour l’écologie en devenant référente développement durable de son unité. « J’ai l’impression de boucler la boucle après ma formation initiale en génie de l’environnement, et cela me tient beaucoup à cœur ».

« Je fais un travail au service des autres. J’aimerais pouvoir le transmettre avant de partir à la retraite. »

Aujourd’hui récompensée par la médaille de cristal du CNRS, Sabine Scarzello y voit surtout une reconnaissance d’un engagement de long terme. « J’étais très fière d’entrer au CNRS et je le suis d’autant plus d’y avoir bâti l’ensemble de ma carrière. C’est une institution que je considère comme ma maison ».